Le 5 novembre 2026, OpenAI a présenté un « National Community Compact », un ensemble d'engagements à l'égard des communes qui accueillent ses centres de données, accompagné d'un document de recommandations pour les États. Elle le publie deux jours après les élections américaines du 3 novembre, lors desquelles des électeurs ont, dans la quasi-totalité des cas, soutenu des restrictions sur ces installations. Selon Chris Lehane, directeur des affaires mondiales d'OpenAI, cité par la presse, le projet était préparé depuis des mois, notamment depuis août, et a été discuté avec des dizaines d'élus et de candidats.
Ce que dit le scrutin
Selon Ballotpedia, citée par un article de Yahoo News, les électeurs ont favorisé des restrictions, ou rejeté des projets favorables aux promoteurs, dans 40 des 41 consultations locales sur les centres de données, réparties sur dix États. Fortune compte pour sa part 21 consultations en Ohio sur 41 au niveau national. Les résultats restent officieux tant que les comtés ne les ont pas certifiés, selon StockAnalysis.
L'Ohio concentre à lui seul 21 consultations, réparties sur 18 communes, selon Fortune. Selon StockAnalysis, au moins 14 villes y ont voté des interdictions ou des limites. Trenton a adopté une interdiction avec 80 % des voix, Wilmington a rejeté par environ 80 % un changement de zonage pour un projet (quatre référendums), et Perry a imposé à plus de 87 % des garanties financières aux promoteurs qui demandent des avantages fiscaux. À Ashville, 82 % des votants ont voulu annuler l'accord de la commune avec le promoteur EdgeConneX, mais la construction est déjà lancée et, selon la chaîne locale NBC4 rapportée par StockAnalysis, le vote ne l'arrêtera pas. Dans un sondage de l'institut ICAPP cité par Fortune, l'environnement est le premier motif d'opposition, devant la qualité de vie puis l'économie.
Les engagements d'OpenAI
Selon Yahoo News, OpenAI affirme qu'elle couvrira les coûts d'électricité et d'infrastructure de réseau de ses futurs campus qu'elle détient et exploite elle-même. Elle les appelle « campus de calcul », selon Android Headlines, pour les distinguer des centres de données industriels classiques. L'objectif est que les voisins ne voient pas leurs tarifs augmenter. Elle promet des garanties financières avant les gros investissements, pour protéger les autres clients si un projet est retardé, réduit ou annulé. Elle dit aussi vouloir publier les plans de ses sites, ses consommations d'électricité et d'eau, et commander des études de bruit indépendantes.
Côté transparence, OpenAI indique qu'elle n'aura plus recours à la plupart des accords de confidentialité (NDA, des engagements de non-divulgation) avec les élus, avec des exceptions pour les informations de sécurité, les secrets d'affaires et les données commerciales sensibles. Elle souhaite enfin que les commissions des services publics des États imposent les mêmes règles aux autres gros consommateurs d'électricité.
| Site cité | Engagement ou projection annoncé(e) |
|---|---|
| Comté d'Effingham (Géorgie) | contrat de 3,2 gigawatts avec Georgia Power, livrés par étapes de 2028 à 2032 |
| Géorgie | 4,8 millions de dollars pour des repas scolaires gratuits pour 14 000 élèves |
| Comté de Pike (Ohio) | 6 millions de dollars pour la garde d'enfants, avec SB Energy |
| Campus de l'Ohio (construit par SB Energy, capacité louée par OpenAI) | 35 000 emplois de construction sur six ans et 2 500 emplois durables (projections) |
Limites et points en suspens
Ces engagements sont des déclarations d'entreprise : aucun texte contraignant n'est cité, et les chiffres d'emplois sont des projections. Lehane a lui-même reconnu, selon Business Standard, que certains projets d'OpenAI pourraient être retardés à mesure que les centres de données deviennent impopulaires. Le même article cite Data Center Watch, qui comptait au deuxième trimestre 2026 au moins 45 projets, d'une valeur de 68 milliards de dollars, perturbés par l'opposition locale. OpenAI n'est pas seule : Anthropic a annoncé en février qu'elle couvrirait les mises à niveau du réseau et les surcoûts d'électricité liés à ses sites, et Meta et Microsoft ont présenté des plans comparables, selon Yahoo News.
Pourquoi cela concerne aussi les utilisateurs d'IA
L'entraînement et l'usage des assistants d'IA reposent sur ces sites. Leur acceptation locale conditionne donc le calendrier de la puissance de calcul disponible, et à terme les prix et les capacités proposés aux entreprises. Pour une organisation qui bâtit ses usages sur un fournisseur, c'est un risque à suivre : des retards de capacité, ou des coûts d'énergie répercutés, peuvent peser sur l'offre.
À retenir
- Le 5 novembre 2026, OpenAI s'est engagée à couvrir l'électricité et le réseau de ses futurs sites et à limiter les NDA avec les élus.
- Ces annonces suivent des votes locaux du 3 novembre : 40 des 41 consultations ont, selon Ballotpedia, favorisé des restrictions.
- Les engagements sont volontaires et non vérifiés ; les chiffres d'emplois sont des projections.
- Le sujet pèse sur le rythme de déploiement de la puissance de calcul de l'IA.
Sources
- AI Data Centers Are Becoming A Political Liability. OpenAI Has a New Plan To Win Communities Over. — Yahoo News, 5 novembre 2026
- OpenAI promises greater transparency in data centre deals after backlash — Business Standard, 6 novembre 2026
- Ohioans overwhelmingly oppose data centers. 21 ballot measures just put their ire to the test — Fortune, 4 novembre 2026
- Ohio votes to ban or limit data centers in at least 14 towns — StockAnalysis, 4 novembre 2026
- OpenAI Drops Secret NDAs and Promises to Pay Full Power Costs for Data Centers — Android Headlines, novembre 2026