Chaque année en France, on estime à environ 50 000 le nombre d'arrêts cardiaques survenant hors de l'hôpital, et moins d'une victime sur dix y survit. Pourtant, quand un témoin agit immédiatement, les chances de survie augmentent considérablement : chaque minute sans massage cardiaque fait perdre environ 10 % de chances de survie.
La bonne nouvelle : les gestes qui sauvent sont simples et à la portée de tous.
1. Reconnaître l'arrêt cardiaque
Une personne est en arrêt cardiaque si :
- elle ne répond pas quand vous lui parlez et lui prenez la main (« Ouvrez les yeux ! Serrez-moi la main ! ») ;
- elle ne respire pas, ou respire de façon anormale (mouvements respiratoires rares, bruyants, inefficaces, appelés « gasps »).
Avant de vous approcher, vérifiez qu'il n'y a pas de danger pour vous ni pour la victime (circulation, électricité, machine en marche…).
Pour vérifier la respiration, basculez doucement la tête de la victime en arrière, élevez le menton et regardez, écoutez et sentez pendant 10 secondes au maximum. Dans le doute, considérez qu'elle ne respire pas.
2. Alerter
Appelez ou faites appeler immédiatement les secours :
- 15 : SAMU ;
- 18 : sapeurs-pompiers ;
- 112 : numéro d'urgence européen, joignable depuis n'importe quel téléphone ;
- 114 : par SMS ou application, pour les personnes sourdes, malentendantes ou ne pouvant pas parler.
Précisez où vous êtes (adresse exacte, étage, accès), ce qui se passe et les gestes en cours. Ne raccrochez que lorsque l'opérateur vous le dit : il peut vous guider. Demandez en même temps à quelqu'un d'aller chercher le défibrillateur.
3. Masser
Le massage cardiaque permet de faire circuler le sang jusqu'au cerveau en attendant le défibrillateur et les secours.
- Allongez la victime sur le dos, sur une surface dure.
- Placez-vous à genoux à côté d'elle.
- Posez le talon d'une main au centre de la poitrine, l'autre main par-dessus.
- Bras tendus, comprimez fortement le thorax en l'enfonçant de 5 à 6 cm chez l'adulte.
- Relâchez complètement entre chaque compression.
- Gardez un rythme de 100 à 120 compressions par minute.
Si vous êtes formé, vous pouvez alterner 30 compressions et 2 insufflations. Sinon, pratiquez des compressions en continu : c'est l'essentiel. Si d'autres témoins sont présents, relayez-vous toutes les deux minutes environ pour garder un massage efficace.
4. Défibriller
Dès que le défibrillateur automatisé externe (DAE) arrive, mettez-le en marche et suivez ses instructions vocales :
- Dénudez la poitrine de la victime (séchez-la si elle est mouillée).
- Collez les électrodes à l'emplacement indiqué sur leurs schémas.
- Pendant l'analyse, ne touchez pas la victime.
- Si un choc est nécessaire, l'appareil le délivre ou vous demande d'appuyer sur un bouton : écartez-vous et faites écarter tout le monde.
- Reprenez immédiatement le massage et poursuivez jusqu'à ce que l'appareil vous demande d'arrêter ou que les secours prennent le relais.
Le défibrillateur ne délivre un choc que s'il est nécessaire : vous ne pouvez pas faire d'erreur en l'utilisant. En France, toute personne, même non médecin, est autorisée à utiliser un DAE.
Et au travail ?
En entreprise, la rapidité d'intervention dépend de l'organisation mise en place en amont :
- des salariés formés et confiants pour agir ;
- un défibrillateur accessible, signalé et entretenu (voir notre article sur le DAE en entreprise) ;
- des consignes d'alerte affichées et connues de tous.
Ces conseils ne remplacent pas une formation pratique : c'est en s'exerçant sur mannequin que l'on acquiert les bons réflexes.
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